INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (12)

Martine Maurette : «Rocadest, il faudra faire avec»

Publié le 28/06/2014 à 03:52, Mis à jour le 28/06/2014 à 07:56

Carcassonne (11) – Interview

MAURETTE

Martine Maurette : «Il faut savoir s’adapter aux situations. Y compris à celles qu’on a générées» /Photo DDM, J.-L. B.

 Nouvelle venue en politique, Martine Maurette figurait sur la liste Chesa. Responsable de l’agence Loxam, elle est adjointe au commerce, à l’attractivité économique et au tourisme.

Vous venez du monde de l’entreprise. Qu’est-ce que cette culture apporte à l’action publique ?

Une vision de la réalité. Dans une époque de crise, mon métier, c’est d’optimiser les potentiels. On peut lier l’humain et la gestion des coûts. L’argent n’est pas le seul levier. Beaucoup d’investisseurs seraient ravis de s’installer à Carcassonne mais ne le font pas, désolés de l’inertie locale.

Comment les convaincre ? Par exonérations fiscales ?

Pas forcément, sauf si le besoin s’en fait sentir. On a exonéré les entreprises en espérant qu’elles embauchent et elles n’embauchent pas. Les entreprises demandent surtout à s’installer sans perdre deux ans. Cela a fonctionné à Castelnaudary, pourquoi pas ici ? A nous de mener une politique incitative. Par exemple en leur trouvant un terrain. La future Agence de développement économique et industriel servira à ça. Un guichet unique avec des pros de la finance et du droit pour que les entreprises s’installent, mais surtout perdurent. Pour l’instant nous réfléchissons à la structure juridique de l’Agence.

Vous êtes en charge du commerce. Quel est votre plan pour ressusciter le centre-ville moribond et ses 80 friches commerciales ?

Oui, la problématique des dents creuses est terrifiante. Oui, il faut faire venir des enseignes et nous sommes sur ce sujet en partenariat sur ce sujet avec la Chambre de commerce et l’Office du commerce carcassonnais. Mais le mal est ailleurs. Il s’agit de trouver au centre-ville ce qu’on ne trouve pas dans les zones commerciales.

Gérard Larrat en campagne a évoqué l’installation de «commerces de qualité» au centre-ville. Une façon codée de dire «stop aux kebabs» ?

Non, ce n’est pas ça. Encore qu’un kebab qui fait de la friture à côté d’une parfumerie de luxe, dans la rue piétonne, ça me pose un problème.

Plus que les mélanges d’odeurs écœurantes débordant des parfumeries ?

Ce n’est pas pareil. Je ne stigmatise pas les kebabs, je pourrais dire la même chose pour les churros. Si en entrant dans un magasin vos vêtements sentent la friture, vous n’entrerez plus dans ce magasin.

La plupart des villes piétonnisent leur centre. En rouvrant certaines rues à la circulation, Carcassonne ne roule-t-elle pas à contresens de l’histoire ?

Oui, mais on est à Carcassonne ! Et piétonniser tout de suite, sans proposition commerciale forte, c’est suicidaire. Il faut en revanche de vrais arrêts-minute devant certains petits commerces – cordonnier, blanchisseur – pour faciliter l’accès aux clients. Et que les commerçants ne s’y garent pas ! Ils ont des tarifs préférentiels aux parkings.

Selon vous, quelle est la part de responsabilité de Gérard Larrat dans la mort du centre-ville ?

(Elle ouvre des yeux tous ronds) C’est-à-dire ?

C’est-à-dire qu’il a érigé lors de son précédent mandat la création de ZAC en dogme. Avec les conséquences que l’on sait sur le centre-ville…

On ne peut pas revenir en arrière… Est-ce que vous connaissez une ville qui ne possède pas de ZAC ?

Non, mais entre suffisamment et trop, il y a une marge…

Aujourd’hui, la ZAC est absolument incontournable. Quand vous connaissez le niveau de vie moyen des gens, vous savez qu’ils peuvent vivre, habiller leurs enfants grâce aux ZAC. Les gens actifs ont besoin des ZAC où le choix est plus grand, les nouveaux modes de vie ne leur donnent pas le choix. C’est un fait, on ne peut plus lutter contre, ni contre les ventes en ligne.

Avec plus de 100 000 m2 pour 48 000 habitants, Carcassonne est au 7e rang de la densité commerciale. Rocadest, un autre projet de Gérard Larrat, était-il justifié ?

Rocadest est un dossier géré par l’Agglo.

Oui, mais lancé par Gérard Larrat et soutenu par Jean-Claude Pérez après un moratoire de deux ans.

Il est sûr que Rocadest sera lourd de conséquences pour les commerces du centre-ville. ça va complètement changer le visage économique de Carcassonne.

Mais on n’en est plus à se dire «c’est bien ou c’est pas bien». Rocadest, il faudra faire avec.

Au risque de condamner Cité II dont la clientèle pauvre, qui se déplace à pied, ne pourra pas se rendre à Rocadest ? Que pensez-vous de l’adage «Gouverner, c’est prévoir» ?

Oui. Mais il faut aussi savoir s’adapter aux situations. Y compris à celles qu’on a générées.

Comme le massacre de Gambetta ?

???

N’est-ce pas Gérard Larrat qui a transformé ce magnifique square en désert des Tartares ?

Le parking Gambetta était justifié. Stratégiquement, c’était le bon choix. Il faut maintenant faire revenir de la vie, une aire de jeux, un jardin pour que les Carcassonnais retrouvent un lieu de nature et de promenade. Le centre-ville y gagnera.

Vous êtes aussi chargée du tourisme. Dans vos projets figure un accueil pour les touristes. C’est-à-dire ?

Notre objectif est que Carcassonne passe «site G1». Or, on est en «G2», un classement qui nous pénalise car les tour-opérateurs favorisent les sites G1 et nous ne bénéficions pas des mêmes subventions. Pour obtenir ce G1, 45 critères sont nécessaires ; nous en avons 43. Il manque une certification AFNOR et une structure d’accueil à l’endroit le plus passant.

Le prado de la porte narbonnaise ?

Voilà. Mais nous ne voulons pas mettre un bungalow, ce qui nécessite des discussions avec Monum et l’architecte des Bâtiments de France. Ensuite, nous voulons optimiser la saisonnalité. Après l’été, pourquoi ne pas créer des événements en s’appuyant sur des troupes locales ou nationales qui seraient ravies d’animer le lieu ?

On parle du retour de l’ex-directeur de l’Office de tourisme, Franck Delahaye. Vous l’avez vu depuis l’élection ?

On cherche un directeur. Oui, j’ai rencontré M. Delahaye, il nous a remis un projet très bien ficelé mais le choix n’est pas fait. Nous avons lancé un appel à candidatures. M. le maire a reçu un autre candidat. Rien ne sert de se précipiter, la saison est lancée. Nous voulons être prêts pour septembre car c’est là qu’on préparera 2015. La clé, c’est d’avoir un vrai capitaine. Un directeur qui a des compétences en management, qui saura révolutionner l’outil mal exploité et qui aura les moyens de le faire.

M. Delahaye conditionne son retour à la désactivation de Jean-Noël Crouzet, le directeur général des services de la mairie qui avait mis l’OT en coupes réglées pour protéger les avantages de sa fille, au service promotion. Satisferiez-vous cette demande ?

Il faut que ça cesse. Un directeur doit pouvoir diriger. Oui, on peut restructurer le service promotion. J’ai d’ailleurs annulé un salon en Inde hors de prix et injustifié et j’ai maintenu la Chine parce qu’il y a un intérêt pour Carcassonne. Il faut revenir sur les axes naturels : la Belgique, l’Angleterre. C’est là qu’il faut vendre Carcassonne.

Propos recueillis p Jean-Louis Dubois-Chabert

INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (11)

Paul Escourrou : «D’abord réhabiliter l’existant»
Publié le 27/06/2014 à 03:51
Carcassonne (11) – Interview

ESCOURROU

Paul Escourrou dit disposer dune marge de manœuvre financière limitée./Photo DDM

La marge de manœuvre laissée par l’état des finances de la ville à l’adjoint aux sports Paul Escourrou est réduite. Rénovation et réhabilitation de l’existant seront des priorités

Nous poursuivons aujourd’hui la série d’interview des adjoints de la nouvelle municipalité avec Paul Escourrou en charge des sports.

Dans quelles conditions s’est déroulé le passage de témoin avec votre prédécesseur ?

Certainement pas en douceur. Plutôt dans l’urgence. Je crois que l’ancienne majorité n’avait qu’une seule chose en tête depuis quelques mois, sa réélection. Et par conséquent n’a pas répondu aux nombreuses demandes des associations. Voilà pourquoi aujourd’hui nous sommes dans l’urgence. Et si l’on ajoute à ça l’urgence du traitement des subventions, vous comprendrez que mon arrivée au service des sports n’a pas été de tout repos.

Qu’entendez-vous par les demandes des associations ?

Ce sont surtout des demandes logistiques pour l’organisation de manifestations auxquelles il faut répondre dans l’urgence. On tempère certaines demandes, on calme certaines ardeurs. Pour exemple, certaines associations vous réclament 300 chaises alors qu’elles n’en ont besoin que de 100… Mais on essaie de répondre favorablement à toutes les demandes.

Pourquoi parlez-vous d’urgence ?

Parce que l’ancienne équipe qui a reçu les demandes en décembre n’a jamais donné de réponse.

Quel bilan dressez-vous du mandat de votre prédécesseur ?

On n’a pas vraiment eu le temps de dresser un bilan complet mais ce que je peux dire est que ce qui a été fait devait l’être.

Plus précisément…

Les bâtiments sportifs à Carcassonne sont anciens et ont besoin d’un sacré rafraîchissement. On ne peut pas tout faire en un coup de baguette magique, on va donc arbitrer.

On peut malgré tout citer la réalisation de la tribune de Domec ?

La précédente majorité y était obligée. C’est une bonne chose mais nous devrons encore apporter des améliorations afin de satisfaire les équipes qui pratiquent à Domec. On n’épiloguera pas sur la sirène. Nous avons demandé l’intervention de la société à l’origine de la pose du tableau d’affichage afin de proposer une solution.

Ne fallait-il pas être plus ambitieux et créer un nouveau complexe sportif, à la Fajeolle par exemple ?

Les finances de la ville ne le permettent pas. Il faut donc axer les efforts sur l’amélioration de ce dont nous disposons. Améliorer l’ancienne tribune, créer un espace pour les socios, créer un local à la plaine Mayrevieille à disposition des clubs…

Quels sont clairement vos objectifs prioritaires ?

Lélis Blasquez nous a mis en garde au regard de l’explosion des dépenses lors de la dernière année de mandat de l’ancienne majorité. On devrait en pâtir dans quelque temps. Dans ces conditions, la priorité sera de rénover et réhabiliter l’existant, de créer deux terrains synthétiques, de créer d’autres terrains d’entraînement pour répondre notamment à la forte demande d’adhésion dans le football ou le rugby, de doter d’une pompe à chaleur la piscine du Païchérou et d’une bâche à bulle pour gagner deux mois d’utilisation supplémentaire du complexe.

Ensuite, il faudra tirer les enseignements de ce qui a été réalisé, des politiques mises en place, voir ce qui a fonctionné ou pas… Mais toujours en fonction de nos moyens. J’espère juste que l’on ne vivra pas dans l’austérité durant six ans.

Et le complexe aqua-ludique ?

Vu l’état des finances je ne crois pas que je verrais la création de ce complexe durant mon mandat. On ne sera pas en mesure, financièrement, de supporter les réalisations de grosses infrastructures.

En sera-t-il de même pour l’ensemble des promesses électorales ?

Les promesses devraient être tenues d’autant que certaines sont aussi de la compétence de l’Agglo.

Quel regard portez-vous sur les grosses associations sportives de la ville ?

S’agissant du FAC, la ville souhaite que le club retrouve rapidement sa place en CFA2. Il est humiliant de voir ce club, dont la formation auprès des jeunes est à louer, évoluer face à des équipes de villages. Le leadership du football audois est aujourd’hui narbonnais. Il faut regagner ce leadership et ça passe par une remontée en division supérieure.

On connaît votre attachement au FAC, qu’en est-il de l’USC ?

On se réjouit du maintien du club en Pro D2. Espérons que les dirigeants tireront les enseignements de ce que l’USC a vécu. Au regard de ses finances, l’USC est très bien en Pro D2. Le club est à sa place. Quant aux infrastructures, on pourra apporter des améliorations mais on ne pourra pas faire de miracle.

Et de l’ASC XIII…

Je pense qu’il faudra un jour ou l’autre se tourner vers un championnat européen, quelle que soit la formule. La formule actuelle risque de se scléroser à terme. Les Catalans y sont arrivés, pourquoi pas nous. Et s’il y a une chose que je souhaite durant mon mandat, c’est dissiper les mauvaises relations entre les deux rugby de la ville. ça passera par des invitations du XIII vers le XV et inversement.

Quid des sports de salles.

Le leader aujourd’hui est le HBCC mais il faut aussi s’occuper du basket avec le SOC, du volley… Tous les clubs ont droit d’exister à Carcassonne.

Quel est aujourd’hui le budget des associations de la ville ?

Il est d’environ un million d’euros sans compter les aides indirectes. 70 % de ces subventions sont allouées aux trois grands clubs de la ville : l’USC XV, l’USC XV et le FAC. En 2006, cela représentait environ 40 % mais l’USC n’était alors pas à son niveau actuel et les prétentions des deux autres clubs n’étaient pas aussi grandes.

Pensez-vous que cette enveloppe soit suffisante ?

J’aimerais qu’il soit plus important pour satisfaire pleinement l’ensemble des associations sportives de la ville. 200 000 euros de plus, ce serait bien. Cela permettrait une meilleure répartition, disons plus équitable, des aides. Par la force des choses, il faut le reconnaître, ce n’est aujourd’hui pas équitable. Et encore plus cette année car nous devons œuvrer dans l’urgence.

Ce budget sera-t-il revu à la hausse dans les prochaines années ?

Le mot d’ordre est économie. À tous les niveaux. Plus vite on rétablira la situation plus vite on pourra se faire et faire plaisir. Aujourd’hui il faut raison garder car les impôts sont suffisamment élevés pour en rajouter une couche.

Et comment comptez-vous réaliser des économies ?

Il est vrai qu’on est à flux tendu mais rien ne nous empêche de sensibiliser les associations quant à leurs demandes indirectes. On peut aussi se rapprocher de l’Agglo dans le financement de certains projets d’autant plus que nos installations propres profitent aussi à de nombreuses autres communes.

Quels sont les objectifs que vous souhaitez plus que tout voir mis en œuvre durant votre mandat?

J’espère, à l’issue de mon mandat, que l’esprit sportif régnera dans la plupart des associations, le respect d’autrui, de l’arbitre… On veillera d’ailleurs à ce que l’image de la ville ne soit pas ternie par de mauvais comportement. Si ce n’est pas le cas, des sanctions seront prises. On s’efforcera aussi de faire en sorte que la convivialité et les relations entre clubs soient meilleures par la mise en présence des différents acteurs. J’espère aussi que les équipes de la ville auront des résultats. Et quand je partirai, j’espère que les installations seront à la hauteur de Carcassonne.

Recueillis par Sa. Baguigui

LA VICTOIRE EN DANSANT

Vendredi dernier, salle du dôme, les équipes de « Mon parti c’est Carcassonne et celle d’Ambition Carcassonne  » ont fêté la victoire des élections municipales;

C’est la fusion des  listes de Gérard Larrat et d’isabelle Chesa qui a permis le 30 mars dernier de reconquérir Carcassonne et de la soustraire aux fantaisies dispendieuses de l’équipe de Jean Claude Perez

Plus de 400 militants et sympathisants ont répondus présents pour cette rencontre qui fut une réussite totale  par l’ambiance chaleureuse et sympathique qui a régné tout au long de cette soirée.

Soirée empreinte également d’émotion quand tour à tour, Isabelle et Gérard ont pris la parole pour évoquer la campagne, leur rencontre, pour aboutir finalement à ce qui fut « la victoire de l’intelligence commune et des egos personnels dépassés »

« Cette victoire est le fruit d’une passion: Carcassonne, et de l’amour pour ses habitants; »

« L’équipe municipale travaille d’arrache pied depuis son élection et déjà les changements son visibles pour les Carcassonnaises et les carcassonnais ».

Quand Isabelle déclara : » Chers Amis, notre chef d’Orchestre dispose de son alter égo féminin à ses côtés, son premier Violon, que je m’efforce d’incarner dans la continuité de l’action publique avec une énergie et un renouveau qui me porte chaque matin ! « 

Gérad Larrat lui répondit; « il y a des premiers violons qui deviennent chef d’orchestre, Isabelle , c’est tout le mal que je te veux ».

Un clip diapo vint conclure cette première partie de soirée qui s’est poursuivie autour du buffet bien garni pour la circonstance.

On a dansé tard dans la nuit, une belle soirée qui en appelle d’autres…

REPORTAGE

Des 8 heures du matin l'équipe a préparé la salle

Des 8 heures du matin l’équipe a préparé la salle

Un beau travail   de préparation

Un beau travail de préparation

Un salle comble pour accueillir Isabelle et Gérard

Un salle comble pour accueillir Isabelle et Gérard

 

Des convives heureux de se retrouver

Des convives heureux de se retrouver

Et d'écouter le message du maire et de la première adjointe

Et d’écouter le message du maire et de la première adjointe

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Des cadeaux pour les vainqueurs de l'élection municipale

Des cadeaux pour les vainqueurs de l’élection municipale

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Un repas au son du piano de "coco"

Un repas au son du piano de « coco »

 

Une soirée animée par "sam"

Une soirée animée par « sam »

 

on a dansé tard dans la soirée

on a dansé tard dans la soirée

 

INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (10)

 Monique Denux : «Faire en 2 mois ce qui n’a pas été fait en 2 ans»

Publié le 26/06/2014 à 03:50

Carcassonne (11) – Interview

DENUXMonique Denux adjointe au maire, chargée de l’Éducation. / Photo DDM, Jean-Luc Bibal

La nouvelle adjointe à l’Education, Monique Denux, a hérité d’un dossier sous très haute pression : la mise en place des nouveaux rythmes scolaires à la rentrée de septembre.

Nous poursuivons, aujourd’hui, la série d’interviews des adjoints de la nouvelle municipalité, avec Monique Denux en charge de l’Éducation. Elle organise, à marches forcées, la mise en place des nouveaux rythmes scolaires et des TAP (temps d’activités périscolaires) qui vont avec.

Tout d’abord, Monique Denux, quelles ont été vos premières décisions à votre arrivée à ce poste début avril ?

Mon premier souci a été de faire un état des lieux. À ma grande stupéfaction, j’ai constaté, par exemple, que les inscriptions scolaires se pratiquaient à l’étage, dans des locaux exigus. J’ai vu une dizaine de parents attendre, avec des enfants, dans des couloirs sans aucun confort. Nous avons trouvé, salle Maurette, un autre espace pour accueillir les familles dans de bonnes conditions. Il y a désormais une salle d’attente avec des papiers et des crayons de couleur, tout ça nous a pris un peu de temps mais c’est fait.

Le seul changement du service Éducation ?

Nous avons aussi fixé précisément les missions des personnes qui travaillent au service Éducation. On a privilégié la polyvalence de telle sorte qu’il y a toujours quelqu’un pour remplacer en cas de problème. C’est une équipe motivée et qui s’implique beaucoup, j’ai apprécié d’être accueillie comme ça, dans un climat de confiance, qui permet de réagir à la moindre difficulté. J’avais déjà occupé ce poste d’adjoint à l’Éducation de 2005 à 2008 j’ai donc pu être opérationnelle très vite et puis la porte de mon bureau est toujours ouverte.

Et votre approche du milieu éducatif ?

La deuxième action que nous avons voulu mener avec Gérard Larrat, c’était de rencontrer l’ensemble des personnels des écoles maternelles, la ville compte 102 Atsem, ainsi que les 90 municipaux qui travaillent dans les écoles élémentaires, avec les agents de surveillance, ce sont 200 à 250 personnes que la ville a engagées dans le système éducatif. Il était très important pour moi d’établir vite cette proximité et Gérard Larrat qui a aussi participé à ces rencontres s’est montré très préoccupé par les problèmes que nos agents pourraient rencontrer.

Et ces problèmes, ils existent ?

Des problèmes non, je dirai plutôt des difficultés, mon rôle serait de trouver l’harmonie nécessaire entre le travail des agents municipaux, ceux du CIAS et de l’Éducation nationale. Il faut qu’un fil visible relie toutes ces personnes.

Vous êtes surtout attendue sur la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, mais sur la réforme elle-même, quelle est votre position ?

Je me demande pourquoi on a changé un système qui marchait bien. Il n’y avait pas, que je sache, de remontée négative sur l’organisation de la semaine de quatre jours. Je n’ai pas eu connaissance de problèmes de santé ou de troubles concernant les enfants. Cette organisation avait été voulue par les parents et la communauté éducative. Aujourd’hui, la réforme me paraît tronquée. Si on veut vraiment prendre en compte l’intérêt des enfants, il faut raisonner non plus sur un jour ou sur la semaine, mais sur l’année. ça remet en cause le temps des grandes vacances, le travail sur les matinées, y compris le samedi matin. C’est une réforme en profondeur qui touche au fonctionnement de la société. Est-on prêt à aller vers ça ?

Donc, la prochaine rentrée de septembre apportera des changements, lesquels ?

La réforme des temps scolaires s’est appliquée en plusieurs temps. Lorsque nous sommes arrivés à la mairie, le ministre de l’Éducation Benoît Hamon a proposé un regroupement des trois heures de temps d’activités périscolaires. Nous avons réfléchi, opéré une large consultation avec les directeurs d’école, les parents, les personnels les représentants syndicaux pour leur soumettre l’idée de positionner ces trois heures le vendredi après-midi. On a avancé avec beaucoup de précautions. Je pense que c’est une proposition recevable. En fin de semaine, ça nous permet de prendre en compte, dans l’organisation des activités périscolaires, la fatigabilité de l’enfant

Très concrètement donc, à quoi doivent s’attendre les parents dont les enfants sont scolarisés à Carcassonne pour la prochaine rentrée ?

Notre proposition de regrouper les trois heures de Temps d’activités périscolaires le vendredi après-midi a été communiquée au Directeur départemental des services de l’Éducation et était de toute façon soumise à une décision de Mme le recteur. C’est elle qui, in fine, prend la décision. Cette décision a été rendue hier (N.D.L.R. : mardi 24 juin). Il nous reste à mettre en place les activités de ce vendredi après-midi.

Donc à organiser l’accueil et l’encadrement des enfants dans la précipitation ?

Ce n’est pas de la précipitation, c’est de la folie. On prend le train en route et on nous demande de faire en deux mois ce qui devait l’être en deux ans. On avait anticipé, mais en ce moment, on se donne beaucoup de mal pour régler tout ce qui doit l’être. Établir les bulletins d’inscription, définir un règlement.

Dans le détail, comment va fonctionner ce vendredi après-midi ?

Dans les maternelles, l’accueil sera fait par les Atsem, qui recevront le renfort d’un animateur pour dix enfants. Il était important, pour nous, que les tout-petits, aient des repères. Les Atsem, ils les connaissent et ils pourront garder un rythme rassurant, ceux qui ont l’habitude faire la sieste, par exemple, continueront et auront ensuite des activités encadrées. Dans le primaire, nous avons passé une convention avec le Centre intercommunal d’action sociale qui prendra en charge les TAP. Mais nous sommes maîtres d’ouvrage et nous gardons bien évidemment un droit de regard sur ce qui sera fait.

Ces TAP seront-ils obligatoires ?

Non. Mais nous allons travailler sur des périodes de sept semaines, les mêmes que le temps scolaire. Les parents pourront inscrire ou non leur enfant sur cette période, mais s’ils l’inscrivent, ça aura valeur d’engagement, c’est-à-dire qu’ils seront tenus de présenter leur enfant.

Y aura-t-il un surcoût en raison de ces activités ?

Non, ces TAP seront gratuits pour les parents ce qui ne veut pas dire qu’ils n’auront pas un coût. Pour les maternelles, ces trois heures de TAP coûteront 162 000 euros à la ville. Pour l’école élémentaire on a chiffré la dépense à 600 000 euros. L’État versera un fonds d’amorçage de 50 euros par enfant, pour la première année seulement et 40 euros par enfant au titre de la solidarité urbaine pour les quartiers difficiles.

Et sur le contenu de ces activités ?

C’est finalement le plus important. On a demandé aux services municipaux, du sport, de la culture, de l’environnement, de la santé, de faire des propositions pour donner aux activités un vrai contenu. Ces propositions sont à l’étude. On devrait les finaliser très vite. On travaille tous les jours dans ce sens et on a même renforcé l’équipe qui travaille là-dessus. On a un coordonnateur qui va s’occuper spécialement de suivre le fonctionnement de ces TAP et un comité de suivi qui se réunira aussi souvent que possible et fera un premier bilan dès la fin de la première période de sept semaines.

La Dépêche du Midi

REVUE DE PRESSE

 CITE

Une charte pour veiller à la propreté du monument 

CITECette charte est le résultat d’une prise de conscience partagée pour la préservation du monument./Photo DDM, C.A.

Chaque année les commerces de la Cité médiévale, ils sont 136 toutes branches confondues, produisent une moyenne de 800 tonnes d’ordures ménagères, 60 tonnes de cartons, 72 tonnes de verre. Soixante-deux ont adhéré à la charte pour une meilleure gestion des déchets, et sont de fait labellisés dans un processus de préservation du monument à l’initiative de la CCI de Carcassonne, et en partenariat avec la ville, Carcassonne Agglo, Covaldem 11 et le Centre des monuments nationaux et les architectes des Bâtiments de France. «Ce bon chiffre montre une prise de conscience commune sur la problématique environnementale», commentait hier Jean Caizergues, président de la CCI avant d’entamer une tournée du site en compagnie de plusieurs partenaires à cette opération. La propreté est l’affaire de tous en ce lieu qui accueille deux millions de visiteurs par an. L’adhésion à la charte relève d’une campagne de sensibilisation à la porte à porte qui a bien fonctionné et qui ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. L’information va continuer de circuler dans les magasins et les restaurants. Un nouveau point de tri sera établi dans la cour de l’ancienne école, avant la création d’un autre sur le profil droit de la Cité.

La Dépêche du Midi

OPAH

Le relooking du centre-ville est lancé

OPAH

La Ville a décidé de muscler l’opération de rénovation de l’habitat au cœur de Carcassonne. Isabelle Chésa a dévoilé, hier, les grands axes de cette campagne.

La septième opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) signée en 2013 sera la bonne ! Entendons par là, la ville de Carcassonne, dans un périmètre sauvegardé entre Cité médiévale, le Pont Vieux et la bastide Saint-Louis va changer de physionomie. Après les économies drastiques imposées par des ressources budgétaires au bord de l’asphyxie, la rénovation urbanistique du centre-ville est un choix politique qui s’impose à la nouvelle municipalité. La revitalisation de la préfecture audoise est soumise à un plan de rénovation de l’habitat dans l’hyper centre qui va donner lieu à partir de maintenant à un vaste programme de communication. Isabelle Chésa a levé le rideau sur le premier acte de cette opération décomposée en quatre axes prioritaires : lutter contre l’habitat indigne et la perte d’autonomie des personnes ; lutter contre la vacance et accueillir des nouvelles populations ; conforter la qualité urbaine et patrimoniale qui encourage l’accession à la propriété ; accompagner les copropriétés en difficultés. «Nous estimons à 1800 le nombre de logements à traiter. L’OPAH prévoit sur l’année la réhabilitation de 575 logements à l’aide des crédits dont les montants sont fixés pour cinq ans : 3 241 000 € de l’agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH) ; 2 446 250 € de la ville de Carcassonne ; 150 000 € du conseil général de l’Aude».

Isabelle Hugues, collaboratrice au cabinet du maire, insiste sur l’absolue nécessité «de rénover l’activité commerciale bien que c’est dans le cœur de ville carcassonnais que réside la plus grande surface commerciale». Cette septième OPAH est une fusée à plusieurs étages afin d’atteindre le bien vivre qu’elle s’est fixé comme objectif. Il est question d’aides financières multiples : pour la réhabilitation des logements appartenant à de s ménages modestes ; la création d’accès aux étages lorsque les commerces occupent le rez-de-chaussée ; l’acquisition de logements comme résidences principales ; le ravalement des façades et des devantures commerciales ; la création de grands logements ; le recours à des architectes.

«Nous serons intransigeants, dit Isabelle Chésa pour bien faire comprendre l’importance de cette programmation dans le déroulement de la mandature. Nous ne voulons plus de marchands de sommeil, à cette fin une procédure réglementaire sera définie avec l’État». La ville a l’intention d’user de tous les pouvoir coercitifs à sa disposition pour redorer le blason du centre-ville. Qu’on se le dise dans le petit monde des propriétaires immobiliers.

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Logements > Recensés. C’est le volume du parc immobilier qui a donné lieu à plusieurs études successives. Il en ressort 25 % de ces logements sont vacants et un tiers du total serait suspecté d’insalubrité.


Repères

«Nous serons intransigeants. Nous ne voulons plus de marchands du sommeil à Carcassonne.»

Isabelle Chésa, première adjointe au maire.

Christian Aniort

 

INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (9)

«La sécurité et le vivre ensemble»

Publié le 25/06/2014 à 03:52

Interview

LAREDJYazid Laredj, adjoint délégué à la sécurité, veut moderniser la police municipale et revoir des règles devenues obsolètes, comme pour les terrasses place Carnot./Photo DDM, Roger Garcia

Yazid Laredj, adjoint délégué la sécurité occupe un post clef au conseil municipal. En effet, justifié ou non, il règne un fort sentiment d’insécurité chez de nombreux carcassonnais et la police municipale doit jouer un rôle majeur pour leur bien-être…

Au cours de ces trois premiers mois de mandat de la nouvelle majorité municipale, Yazid Laredj a largement occupé l’espace médiatique et le terrain. Ses gros dossiers ? L’occupation du domaine public et l’évolution des effectifs de police.

L’une des promesses fortes de la campagne électorale était le doublement de l’effectif de police municipale… C’est réalisable ?

Ça se fera, sur la durée du mandat de six ans… On arrive dans une situation (financière, N.D.L.R.) difficile. On ne peut pas dire «on va embaucher à tout va» etc. En revanche, on a des passerelles puisqu’il y a des médiateurs qui veulent passer en police, souvent gendarmes réservistes e trois sont susceptibles de passer le concours. Nous avons deux agents qui reviennent qui avaient été reclassé. Cela fait déjà cinq de plus. L’objectif reste donc de passer de 32 à 50 ou 60 agents de PM.

Leurs prérogatives et missions pourraient évoluer ?

Au contraire ! J’espère qu’ils vont revenir sur leurs vraies prérogatives qui étaient un peu oubliées, c’est-à-dire le lien de proximité avec les gens, le relationnel, la prévention… On ne va pas leur demander de faire le travail de la police nationale ! Il y a une complémentarité, mais chacun a ses missions. Depuis mars, la police municipale est plutôt axée sur les missions d’îlotage en centre-ville, et sur les quartiers qui se sentent oubliés. On va remettre en place les cantonniers qui avaient été enlevés dans les hameaux et instaurer des référents police municipale pour que le lien se tisse à nouveau. Ces agents sont quelque part les représentants du maire, partout ! Sincèrement, la police municipale dans son ensemble fait un travail formidable dont on ne parle assez ! Nous sommes la seule ville dotée d’une brigade canine, par exemple, et elle intervient, du coup, dans tout le département !

Quid du projet de brigade de nuit ?

Une réflexion est menée actuellement pour faire une brigade de nuit, mais attention, elle sera sur de la prévention, elle ira voir dans les lieux accueillant du public comment cela se passe… C’est vraiment l’idée du contact que l’on veut mettre en avant !

Avez-vous détecté depuis votre arrivée des quartiers qui rencontrent de réels problèmes ?

Déjà, le centre ville. C’est un gros quartier et un lieu de vie, il faut que les gens soient tranquilles, ne subissent pas les incivilités etc. C’est pourquoi la présence PM est renforcée. Et jusqu’en septembre le nombre de médiateurs est doublé, dans le centre et les quartiers. Comme à Ozanam, il s’agit grâce à eux et aux remontées du terrain d’arranger les problèmes, avant que les gens, las de voir des poubelles pleines par exemple, ne les brûlent…

Sur un autre registre, la bagarrre des terrasses a recommencé à l’aube du printemps. Ne pensez-vous pas qu’il faudra enfin réviser ou repenser les règles ?

Il y a beaucoup de travail en la matière… Une charte des terrasses aussi bien de la place Carnot que de la place Marcou à la Cité est à l’étude. L’esthétique, les métrages ainsi que la configuration de l’établissement seront au cœur de cette charte. Rien n’a été fait pendant longtemps sur ce domaine notamment sur la place Carnot. Pourtant il faut rappeler que le travail des élus est de partager l’espace public, et de faire en sorte que chacun en profite. Bien entendu, nous allons agir en concertation avec les exploitants : ils doivent pouvoir travailler (car il faut souligner l’importance économique des terrasses) mais il faut aussi que les piétons puissent circuler librement.

La «marche arrière» quant au marché de Gambetta, renvoyé à Barbès a elle aussi fait couler beaucoup d’encre. Quels sont les premiers retours ? 

Le changement a quelque peu perturbé au début, car les gens n’aiment pas le changement mais ce qui est sûr c’est que toutes les remontées que j’ai aujourd’hui sont bonnes ! Il n’y a pas un jour sans qu’un Carcassonnais ne me dise que ce changement était indispensable et que c’est une bonne chose ! La fréquentation est plus qu’au rendez-vous, les étaliers sont contents et leur chiffre d’affaires est meilleur. Le lien Barbes, les Halles, rue de Verdun jusqu’à la Place Carnot est retrouvé et satisfait tout le monde. Et dans la perspective de l’aménagement de l’esplanade Gambetta, nous aurions été obligés de le changer de place de toute façon !

La Dépêche du Midi

 

REPAS DE LA VICTOIRE

REPAS DE LA VICTOIRE

Inscriptions

ISABELLE CHESA ET GERARD LARRAT

vous proposent de participer au repas de la victoire

Le Vendredi 27 juin 2014

Au dôme à partir de 20 heures

 Participation : 15 euros par personne

 Chèque à libeller à l’ordre de « Michel Rabat »

 et à déposer à l’attention de Marie-Christine Bernard

32 rue Aimé Ramon

ou

 chez Isabelle Chesa au 96 rue Trivalle

 INSCRIPTION OBLIGATOIRE AVANT LE MARDI 24 JUIN  2014 18h00 DERNIER DELAI

Renseignements 06 15 77 05 35

INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (8)

Danielle Hérin : «Ne ratons pas le virage numérique»

Publié le 20/06/2014 à 03:53, Mis à jour le 20/06/2014 à 07:31

Interview

HERIN

Danièle Hérin s’est engagée pour créer un pôle de compétitivité à Carcassonne./Photo DDM, Roger Garcia

C’est le premier mandat municipal pour Danielle Hérin, cette universitaire scientifique qui a été également candidate aux élections européennes sur la liste «Nous Citoyens».

Vous êtes adjointe à un poste qui n’existait pas : l’enseignement supérieur, l’innovation et le numérique. Qu’est-ce qui vous a séduite ?

«Le fait que tout reste à faire. Que notre société n’a pas pris la mesure de la révolution numérique qui arrive sur nous, et que les entreprises de Carcassonne qui ont manqué le virage technologique se doivent de ne pas louper celui-là».

Ces raisons sont-elles les seules à avoir motivé votre candidature ?

«Le cœur aussi a ses raisons ! Le 8 août 2015 sonnera pour moi l’heure de la retraite et de revenir sur les terres de ma prime jeunesse, que j’ai quittées à l’âge de 18 ans. Je rêve d’acheter la maison rue du Petit Puits où je suis née dans la Cité».

La ville de Carcassonne compte un millier d’étudiants. Comment voyez-vous une vie universitaire plus visible, comme il en existe dans des villes de taille comparable à Albi et Tarbes?

«Des élus avant moi ont dit le besoin d’un lieu en centre-ville. J’ai une petite idée sur l’emplacement de ce site mais je n’en dis rien pour l’instant. Mon idée n’est pas d’ouvrir un campus qui rejetterait les étudiants à une périphérie de l’agglomération. Je souhaite que cette vie étudiante s’établisse en cœur de ville, pour qu’elle apporte de la dynamique et que le site soit ouvert aux professeurs, à tous les acteurs universitaires et économiques. Je suis entrée en contact avec le Crous au sujet de la restauration et du logement. Il faut que ce dossier avance, et qu’il avance vite parce que le temps nous est compté».

C’est votre connaissance de la science numérique qui pousse votre action ?

«Mes responsabilités successives dans l’enseignement supérieur et la recherche m’ont appris que la réussite appartient à ceux qui ont un temps d’avance sur les autres. C’est le moment de se lancer dans l’innovation, les métiers du futur et le numérique. Une ville moyenne comme Carcassonne peut tirer son épingle du jeu même si jusqu’à maintenant elle est passée à côté de son développement économique. Nous en avons tous mal au cœur, maintenant il faut s’atteler à la tâche. L’enseignement supérieur, ici, est rattaché à l’université Montpellier II que je connais bien, à l’IUFM, à l’institut de formation aux soins infirmiers, aux sections BTS dans les lycées. Avec toute cette matière grise, à nous de trouver la pierre d’achoppement au centre du triangle Toulouse-Barcelone-Montpellier».

Cette pierre sera-t-elle la Cité médiévale ?

«C’est un gros atout. La Cité est pour de multiples activités économiques, sociales, le phare qui rayonne sur cette ville. J’envisage un rapprochement avec les laboratoires de recherche, non pas pour l’installation, ici, de chercheurs, mais pour faciliter la venue des entreprises en bout de chaîne de la recherche fondamentale. Je sais, au travers de ma délégation à la Conférence des présidents d’universités à Paris, que des grands défis sociétaux nous attendent dans plusieurs domaines : santé, environnement, numérique sociétal et transversal, énergies renouvelables, avionique, réseaux intelligents, automobile. Des produits sortiront des études en cours. Je propose de créer à Carcassonne ce que nous appelons un écosystème d’innovation».

Quelles en sont les règles de fonctionnement ?

«Les pistes sont plurielles. À Carcassonne, nous pourrions associer les étudiants, l’enseignement fondamental, les industries, les chambres consulaires, les collectivités territoriales. La ville de Tallinn est très avancée sur le sujet. Profitons de notre jumelage pour voir quelles synergies mettre en place sur l’exemple de la capitale estonnienne».

La société Sigma Méditerranée est très en avance, elle aussi, dans les réseaux connectiques. Travaillerez-vous avec elle ?

«Je connais son dirigeant, Pascal Chavernac, que j’ai rencontré plusieurs années en arrière lorsque je m’occupais à Montpellier des pôles de transfert technologiques. Cette société peut nous aider à faire de Carcassonne une ville intelligente. Nous soumettrons des appels à projets dès que nous aurons cerné la spécificité locale, à mi-chemin selon moi entre le milieu rural et le patrimoine moyenâgeux. Il y a là matière à construire un pôle de compétitivité».

Vous dites que l’Europe doit jouer un rôle dans l’émancipation de Carcassonne. Est-ce la raison qui vous a poussé à être candidate aux dernières élections européennes ?

«La réussite de Carcassonne se trouve effectivement au Parlement européen, parce que c’est là-bas qu’est l’argent indispensable à notre avancée. Il faut s’organiser pour capter ces enveloppes que des pays de l’Union, très entreprenants, s’approprient au nez et à la barbe de la France. Quant à ma candidature aux élections européennes, sur la liste «Nous Citoyens», elle a tenu au discours de son leader, Denis Peyre, que j’avais entendu sur l’antenne de BFMTV en octobre 2013. La théorie de ce chef d’entreprise qui a créé 7 000 emplois n’est ni de droite ni de gauche. Elle s’appuie sur la notion de croissance et d’emploi. Cet homme est un visionnaire, comme l’était Georges Frêche avec qui je me suis toujours entendue sur le principe suivant : quand on a une idée, on y va et on fonce».

Recueilli par Christian Aniort

INTERVIEW LA DEPECHE DU MIDI (7)

J-L Bès, adjoint au maire délégué à la Culture : «Toujours mieux, pas toujours plus»

Publié le 19/06/2014 à 03:55, Mis à jour le 19/06/2014 à 07:40

Interview

BES

Jean-Louis Bès a l’intention de réduire le festival dans le temps et de créer un spectacle en août. Il veut parler aux Carcassonnais en leur racontant leur histoire au fil du temps./Photo DDM Jean-Luc Bibal

Jean-Louis Bès, adjoint au maire délégué à la Culture souhaite un festival 2015 plus resserré et commande la création d’un spectacle historique pour les aoûtiens et les Carcassonnais. «Pour leur dire qui ils sont»…

Jean-Louis Bès, adjoint au maire délégué à la Culture occupe un poste clef au sein de l’actuelle municipalité. Le festival, la saison théâtrale, les animations et expositions sont de véritables moteurs pour la ville et le tourisme. État des lieux et projets.

Votre arrivée au poste d’adjoint à la Culture a été marquée par les polémiques avec les administrateurs du Chapeau Rouge que vous voulez remunicipaliser, au risque de remettre en cause l’acquisition du label Smac et de mettre en péril des emplois.

Ce label, la salle ne l’a pas. Ne regrettons donc pas ce qui n’est pas. Sur le mode de gestion de la salle, confiée à une association, rien n’est tranché. Toutefois, depuis longtemps, nous défendons le principe que l’action culturelle ne se délègue pas même s’il existe des moyens de mêler puissance publique et association. Cela n’a rien de contradictoire. Le Chapeau Rouge permet l’emploi de six personnes, cela ne nous échappe pas…

Le Festival vient de débuter. Il n’est pas «votre» festival mais celui de vos prédécesseurs. Vous convient-il ? Quid de l’avenir ?

L’édition 2 014 du festival est plus que convenable et la programmation de qualité. Nous ferons le bilan à l’issue. Mais nous avons déjà un souhait pour 2015 : que le festival se rééquilibre sur un format plus serré. Ces dernières années, on a l’impression qu’en matière culturelle c’était la course au toujours plus, il fallait faire plus long, plus large. Tout cela a des limites. Je préfère faire toujours mieux, plutôt que toujours plus. Dont acte, on va rééquilibrer l’été culturel à Carcassonne, considérant que les aoûtiens ont aussi droit à une offre culturelle.

Vous avez un projet en la matière ?

Parce que la culture est un vecteur de vivre ensemble, j’ai envie de raconter aux Carcassonnais qui ils sont, de leur donner des éléments pour savoir d’où ils viennent. Pourquoi pas une grande fresque historique, qui balaie notre histoire de la naissance de la ville jusqu’à aujourd’hui ? Nous n’aurons pas trop d’une année pour monter un tel spectacle. Si vous dites aux Carcassonnais qu’ils sont un peu Romains, un peu Espagnols, un peu Arabes, un peu Gitans et bien sûr Français, je pense que ce n’est pas une vue de l’esprit… J’affirme que la culture permet aux gens de mieux se comprendre ! Elle donne des occasions d’osmose et je ferai tout pour ça !

Vous héritez du dossier de la collection Ceres-Franco. Où en est-on ?

On en est à étudier les conséquences de la décision que nous prendrons. Nous sommes en phase d’étude. Comme vous le savez, la donation se ferait sous condition. Si nous acceptons, nous engageons la ville pour de très nombreuses années. Cette collection est remarquable et il serait dommage de passer à côté. Toutefois, c’est un lourd investissement.

Dans l’attente, quelle actualité pour le Musée des Beaux-Arts ?

La conservatrice, Marie-Noëlle Maynard, fait un très bon travail, d’une année sur l’autre. Au-delà de l’exploitation du fond du Musée, elle met sur pied des expositions remarquables. En 2015, notamment, l’on pourra découvrir des costumes du XIXe siècle. Notre MBA accueille 50 000 visiteurs par an. C’est un joli score ! À propos de musée, nous avons l’intention de reprendre en main le Musée de l’École, à la Cité, et d’en assurer la promotion. N’oublions pas qu’il est le premier de France.

Pour finir, quid du théâtre Jean-Alary et de son directeur ?

Georges Bacou est un personnel, un directeur, de grande valeur. Il y a une ligne artistique au théâtre placée sous le signe de la diversité, de l’éclectisme et de la qualité, plus des nouveautés promises…

Si vous deviez conclure ?

Je dirais que nous avons six ans pour mettre en place des choses et qu’une création, à proprement dit, viendra peut être très vite. La Culture, c’est une construction, à petits pas.

L’APPEL DU 18 JUIN : SOIXANTE QUATORZIEME ANNIVERSAIRE

Une nouvelle fois rassemblées devant le monument de la résistance, les autorités civiles et militaires de Carcassonne ont commémoré l’appel du 18 juin 1940 lancé par le général De Gaulle à La BBC depuis Londres.

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Après la montée des couleurs et le refrain de la Marseillaise, la chorale des élèves du collège Varsovie sous la direction de Madame Florence Roquelaure professeur de chant on interprété le chant des partisans.

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Une élève du Collège Varsovie a donnée lecture de l’Appel historique du 18 juin 1940 du Général de Gaulle.

TEXTE DE L’APPEL DU 18 JUIN 1940

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit elle disparaître ? La défaite est elle définitive ? Non !

Croyez moi, moi qui vous parle en connaissance de cause, et vous dit que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut comme l’Angleterre, utiliser sans limite l’immense industrie des Etats Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoiqu’il arrive la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres

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Monsieur Louis Le Franc, Préfet de l’Aude a donné lecture du message de monsieur Kader ARIF Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire

Le 18 juin 1940, au lendemain de l’annonce de l’armistice, le général de Gaulle appelait depuis Londres les Français à refuser la défaite et à poursuivre le combat. Un combat qui fut mené pendant 4 ans au prix de sacrifices et de souffrances et qui permit la Libération de la France. Dans son appel du 18 juin, le général de Gaulle déclarait : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

Peu nombreux furent les Français, de métropole et d’Outre-mer, qui entendirent cet appel. Mais ils étaient en nombre suffisant pour y répondre. Pour que naisse, dès le 18 juin 1940, la France Libre. Pour que commence le combat moral, politique et militaire qui conduisit la France à siéger aux côtés des vainqueurs, celui grâce auquel elle retrouva sa place dans le concert des Nations.

En cette journée nationale, nous rendons aujourd’hui hommage au général de Gaulle, chef de la France Libre et à tous ceux qui l’ont rejoint pour détendre une certaine idée de la France et de ses valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité. Défendre ses valeurs au prix d’un danger de tous les instants et parfois du sacrifice suprême.

Que cet hommage rejoigne toutes celles et tous ceux qui conjuguèrent leurs efforts pour libérer la France. Les Français Libres, venant de métropole, d’Afrique, des Antilles ou d’ailleurs, qui se rassemblèrent sous la croix de Lorraine ; les Résistants de l’intérieur, de toutes convictions, de toutes conditions, qui choisirent de mener le combat sur le territoire national au sein de réseaux, de mouvements, de maquis ; les Françaises et les Français qui, déposant une gerbe devant un monument aux morts un 11 novembre, cachant une famille juive menacée de déportation, distribuant des tracts devant les universités, gravant à la craie des croix de Lorraine sur les murs, entraient en guerre contre la barbarie nazie.

En cette année de commémoration du 70e anniversaire de la Libération de la France, nous pensons tout particulièrement à ceux qui débarquèrent sur les côtes normandes et provençales avant d’engager la marche sur Paris. Beaucoup s’étaient déjà illustrés à Bir Hakeim, à El-Alamein, dans la Campagne de Tunisie, dans celle d’Italie. Nous pensons aussi à toutes celles et tous ceux qui, de l’intérieur, accompagnèrent leur combat, dans chaque ville et village de France.

Ce sont tous ces combattants qu’a salués le général de Gaulle dans son discours le 15 mai 1945, quand, après avoir évoqué le chemin parcouru depuis le 18 juin 1940, il affirmait : « Votre exemple est aujourd’hui la raison de notre fierté. Votre gloire sera, pour jamais, la compagne de notre espérance ». Que cet exemple continue toujours à nous habiter.

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La cérémonie s’est poursuivie par le dépôt de gerbe des autorités présentes pour la circonstance, représentant du conseil général, de la communauté d’agglo, du conseil Régional, monsieur le Préfet de l’Aude, Monsieur le Maire de Carcassonne et la première adjointe au Maire.

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Après la minute de recueillement et la Marseillaise, les autorités ont rejoint, en cortège, la Stèle du général de Gaulle au portail des jacobins, pour une cérémonie similaire.

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Avant de se séparer les autorités ont salués et remercié les Porte-drapeaux, le  Piquet d’Honneur, l’Harmonie Municipale, la Chorale Scolaire et les Cadets de la République.