CONFERENCE DE PRESSE du SAMEDI 27 JUILLET

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CONFERENCE DE PRESSE

Culture festival et argent public

Nous sommes le 27 juillet, l’été est déjà à demi passé, les vacances sont bien entamées et à Carcassonne le festival qui va se prolonger jusqu’au 4 août touche presque à sa fin;

C’est pour moi le moment  d’aborder ce sujet sous plusieurs de ses aspects et  mettre l’accent sur trois points particuliers:

La fête de la musique d’abord;

Le concert de David Getta a eu pour effet premier de dénaturer le caractère populaire, festif et gratuit de la fête de la musique;

Il suffisait d’aller en bastide pour se rendre compte du peu de monde et d’une certaine morosité ambiante

Alors que cette journée devait être une explosion, un feu d’artifice d’initiatives avec des musiciens amateurs, des groupes musicaux  à chaque coin de rue,  un festival de sons et de couleurs, rien de tout cela ne s’est produit;

Quand au coût , du concert Guetta on n’en saura vraisemblablement jamais rien précisément.

Entre les infrastructures (90000 euros) qu’il a fallu monter sur le parking de délestage, même si deux concerts (les organisateurs en prévoyaient trois) s’y sont déroulés, et le concert lui-même on peut tabler sur une somme comprise entre 250 et 350000 euros;

On y attendait 14000 personnes quand le concert a été annoncé, ( midi libre du 19 février 2013).

Il fallait vendre 7000 entrées à un tarif moyen compris entre 42 et 65 euros pour en assurer l’équilibre financier.

Ce qui est sur c’est qu’il a fallu déployer beaucoup d’imagination pour arriver à trouver presque 8000 fans; (25ème anniversaire d’acti city et places gratuites distribuées).

Dommage pour la fête de la musique, quand on songe ce qui aurait pu être fait avec dix fois moins d’argent en centre ville à la cité et dans tous les quartiers.

Le 14 Juillet

Traditionnel, incontournable et féérique  l’embrasement de notre cité;

Le 14 juillet est le jour de l’année ou Carcassonne reçoit le plus grand nombre de visiteurs; 300 000, 400 000, 500 000 on n’en sait exactement rien mais c’est énorme;

C’est aussi le jour ou les commerces de la ville en particulier hôtels et restaurants font le chiffre de l’année;

Pour ce 14 juillet précisément, les commerçants de la bastide et de la cité ont subi de plein fouet le bouclage de la ville, pour certaines rues des 10 heures le matin, et pour la cité des interdictions de circuler qui ont fait de ce 14 juillet un jour peu porteur pour l’activité économique en général et la restauration et l’hôtellerie en  particulier;

Ce qui est regrettable, c’est que ces interdictions de circuler ont été mises en place  sans  aucune communication, sans qu’aucun des intéressés en aient été informés;

Sécurité oblige, arrêté préfectoral nous dira-t-on ,

Certes, mais cela se décide suffisamment à l’avance pour informer les chefs d’entreprises, et ce minimum n’as pas été respecté.

L’utilisation de l’argent public

Le budget primitif 2013 du Budget Annexe du Pôle Culturel s’élève à 6.419.800€, en augmentation de 43 % par rapport à 2012

On essaie de justifier ce fort taux d’augmentation par le fait que désormais, le festival de la bastide s’intègre dans ce budget à hauteur de 612 000 euros;

Or le budget 2012 (4 507 613 )  auquel on ajoute 612000 euros donne un budget théorique 2013  de   5 119 613 ,soit + 13,5%

en fait, pour 2013 ,  1 300 187 euros en  plus restent sans justification… pourquoi ?

la subvention d’équilibre versée par le  budget principal de la commune est de 1.650.000 €. elle représente 25% du budget total du pole culturel. plus 50% par rapport à 2012

Ce qui  est étonnant, c’est qu’aucune trace  de subventions extérieures de type conseil général ou conseil régional n’apparait.

A titre de comparaison en 2004

L’association festival percevait de la mairie:

457350 euros pour le festival de la cité

137204 euros pour le festival off ,la fête de la musique et les animations de printemps.

Au total 594554 euros (c’est trois fois plus aujourd’hui) auxquels s’ajoutaient une subvention 183000 euros de la région

Rien n’est trop beau pour la culture, qu’en pense le  citoyen Carcassonnais quand on sait que son quotidien est cruellement délaissé ( voirie, sécurité propreté, fleurissement, actions et développement économique)

Vous comprendrez donc que je me pose des questions sur l’utilité de cette inflation du « tout culturel »;

Sachant qu’en plus ce budget ne reflète pas la juste réalité de ce qui se passe!

C’est en effet le budget général de la commune qui paye la facture de la communication, des programmes et fascicules édités;

C’est encore le budget général qui supporte certains investissements comme les loges du dôme,(600000 euros).

C’est toujours le budget général qui prend en charge les salaires des 5 ou 6 employés recrutés au pole culturel pour alléger la participation du service technique.

Cette participation des services techniques  reste malgré tout encore importante.

Dans cette ville aujourd’hui il y a deux personnes qui gouvernent: l’Adjoint à la culture,  Président de l’agglo qui a un appétit féroce de pouvoir, mais aucune notion de gestion, et son compère responsable du pole culturel qui n’a pas plus de notion de gestion que son patron et qui fonctionne  lui dans l’opulence et la démesure.

Car enfin pour ces festivals IN  et OFF ce sont  150 spectacles qui se chevauchent, se concurrencent s’entrecroisent concentrés en bastide et à la cité, et pas dans les quartiers comme annoncé dans les programmes électoraux.

Cette multiplicité de spectacles, de lieux,  d’horaires est au final préjudiciable à la fréquentation car il est difficile voire impossible d’organiser ces choix;

Dites moi l’intérêt de programmer le même soir, Mahé  et Paul personne,  Bruel et Stéphane Eicher, Marc Lavoine et marley, etc… ect…;

Pour le In  la quasi totalité des spectacles sont  en placement libre.

Y a t il des explications objectives à cette situation ?

Résultats, pendant que les centaines de « festivaliers » s’accumulent dès 18 heures, voir même avant, devant les grilles  du théâtre Jean Deschamps dans l’espoir d’avoir une bonne place, ils ne sont pas dans les rues de la cité  et ne profitent en rien au commerce local;

A la fin du spectacle, ils sont incités à entrer dans le « village du festival » ou règnent lustres et écrans géants, village construit cette année (220 000 euros) .

Dans le OFF peu de place est faite pour  réaliser une  véritable participation des compagnies locales et  des artistes locaux à ces manifestations; quelques spectacles programmés à des heures impossibles pour le festival, , mais rien ou presque pour initier et favoriser un foisonnement ou l’émergence de talents locaux

Pourtant le OFF ce sont 16 scènes pour plus de cent spectacles gratuits, des horaires 12h30, 14h30, 15h, 17h30,  18h00 18h30, 20h00, 20h30, 21h30 ,22h15, comme s’il en pleuvait, un programme qui doit être compulsé comme le chaix de la SNCF;

Quel est donc l’objectif  et l’intérêt de cette profusion;

Dans quelques semaines les responsables de la culture Carcassonnaise viendront devant la presse expliquer comme chaque année que la version 2013 du festival a été un grand succès populaire.

Quoique rien n’est sûr dans la mesure ou début juillet Le directeur du pole Culturel se préoccupait du remplissage des spectacles par ces temps de crises…

anticipait-il  un résultat mitigé ?

Cette année encore beaucoup de spectacles en attente de réservations ont fait l’objet de distribution de places gratuites ( trois exemples entre autres, Getta, la guerre de Troie n’aura pas lieu et le spectacle de benjamin Biolay) généreusement dispensées  au grès des potentats locaux.

Où sont passées les promesses faites d’une révision des tarifs à la baisse?

On  ignore ainsi que pour une famille moyenne le budget spectacle est bien trop élevé, limitant de fait la quantité de spectacles achetés.

Quand aux familles les plus modestes, elles n’auront, tant que cela fonctionnera ainsi , pas accès à la même culture et devront se « contenter » du festival off:

On appelle cela de la culture sélective, comme la mémoire des personnes qui fait des promesses  et ne les ont pas tenues.

Voila maintenant que l’on veut, si l’on en croit un article du 21 juillet publié sur la dépêche , transformer le théâtre de la cité en mini zénith.

En effet on augmenterait sa capacité de 2979 à 4300 places.

C’est oublier que celui-ci est situé dans l’enceinte d’un monument historique qui ne nous appartient pas, inscrit de surcroit au patrimoine mondial, et qu’il me semble déraisonnable de dénaturer un lieu qui a réussi à se construire dans l’harmonie et l’esprit du monument médiéval

Ce projet , évalué à 1 million 600 000 euros, tombe aujourd’hui comme un cheveux sur la soupe, rien d’étonnant chez des gens qui pratiquent l’ impérialisme culturel et qui travaillent dans l’autarcie la plus complète se moquant du tiers comme du quart de l’équilibre du budget communal.

Qu’a cela ne tienne si la mairie n’a pas le sous, nous allons absorber la culture dans la compétence de l’agglo dont le budget est déjà terriblement fragilisé;

Ce sont de toute façon toujours les mêmes contribuables qui payent. Alors après tout pourquoi pas.

Les mots ne seront jamais assez dur pour qualifier cette démarche et cette gabegie;

C’est indécent de faire de telles  propositions aux carcassonnais car tellement d’incertitudes planent sur nous tous en ce moment;

Faut-il dépenser sans compter sans se préoccuper quelles sont les véritables retombées pour la ville, sans donner de cohérence et de sens aux projets,

C’est suicidaire de ne pas gérer les affaires publiques en bon père de famille

C’est dangereux de se  laisser gouverner par  l’incompétence et le fantasme;

Ce n’est surtout pas a un administratif fut-il directeur du pole culturel de lancer de tels projets;

Qu’en pensez-vous, ou êtes vous Monsieur le Maire ?

Oui, Il y a nécessité de construire à Carcassonne un lieu culturel qui pourra accueillir des spectacles, des congres, des rencontres sportives, des concerts, en complément des lieux qui existent déjà;

Appelons cela, salle polyvalente , palais des congrès, mini zénith; vous l’aviez promis, nous le ferons;

Nous  accompagnerons cette construction d’une véritable politique de développement et de promotion  touristique, culturelle, et de loisir.

Arrêtons de partir dans tous les sens au grès des fantasmes des génies culturels  locaux.

Ce que nous voulons tout de suite et d’abord c’est de la transparence car depuis plusieurs années que la ville a décidé de prendre en son sein les manifestations culturelles et festives, nous manquons sérieusement de transparence et de limpidité, nous manquons cruellement de cohérence et de rigueur;

En fait, depuis 2005, la logique à été la même et s’est démesurément amplifiée avec la nouvelle équipe « Carcassonne pour tous »

En son temps, c’est à dire à l’époque ou j’étais moi-même élue, j’avais déjà  dénoncé cet état de fait;

Ce désaccord profond sur la gestion des deniers consacrés à la culture, a constitué   une des causes majeures de mon désengagement en 2009.

Nous voulons des chiffres fiables et solides et non l’enfumage traditionnel qui dit tout et rien, nous voulons un budget du pole culturel qui soit clair et précis.

Oui Carcassonne mérite une activité culturelle intense;

Que les Carcassonnais se rassurent; il y aura avec mon équipe un festival IN et OFF, des manifestations tout au long de l’année, mais pas dans l’improvisation, pas dans la gabegie, pas dans la promiscuité, pas dans le flou.

Cela se fera dans la cohérence, la rigueur nécessaire a tout engagement financier, ou chacun jouera son rôle ou chacun remplira ses fonctions, ou chacun exercera  son métier mais en tous cas ou les décisions seront prises par les élus.

Nous disons oui au concours international d’artificier, oui au spectacle médiéval d’été, oui au festival off étendu dans les quartiers, oui à une culture occitane et médiévale, oui à un festival de rue et musiques actuelles, oui à la pépinière artistique, oui pour encourager les artistes locaux, oui pour soutenir la création, oui pour adhérer au réseau européen des villes d’arts et d’histoire, oui à l’adaptation des prix des spectacles, oui à une politique culturelle pour tous, oui à un développement culturel raisonné et raisonnable mais pas simplement sur un programme papier, mais bien  à  réaliser dans les faits en gardant le soucis de la gestion des deniers publics.

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